Les proies, Thomas Cullinan

C’est le titre du roman qui devait être ma troisième lecture d’été. Par manque de temps, je vous le présente maintenant alors que l’automne est déjà bien entamé. Pourtant, je l’ai commencé fin août !

C’est un roman de 679 pages, de l’auteur américain Thomas Cullinan, paru en 1966. Il a fait l’objet de deux adaptations cinématographiques, une en 1971 par Don Siegel, avec Clint Eastwood dans le rôle du caporal nordiste ,John Mc Burney, l’autre en 2017 de Sofia Coppola.

Je n’ai vu aucune de ses adaptations mais je peux vous dire que le roman est topissime ! Il mérite d’être lu.

Résumé :

L’histoire se déroule en pleine guerre de Sécession, à l’institution Farnsworth.

C’est un pensionnat pour jeunes filles, confedéré, dirigé par les soeurs Martha et Harriet Farnsworth, secondé dans les tâches ménagères par une esclave mulâtresse, Mathilda , surnommée, Mattie. A cause de la guerre, la plupart des pensionnaires sont rentrées chez elles. Elles ne sont désormais plus que 5 : Edwina Morrow, Alice Sims, Emily Stevenson, et les deux plus jeunes : Amélia Dabney et Marie Devereaux. Cette dernière a la particularité d’être catholique contrairement aux autres composantes de l’école qui sont protestantes.

Amélia Dabney, qui est passionnée par la nature, adore se promener dans les bois environants. Un jour, elle y découvre le jeune caporal nordiste, John Mc Burney, blessé à la tête et à la jambe droite. Elle décide de le ramener au pensionnat.

Il est soigné par Martha Farnsworth qui lui recoud sa jambe blessée. Il devient rapidement  l’attraction des lieux. Hormis Mathilda,  chacune des élèves, mais aussi les directrices recherchent sa compagnie. Ce qui ne déplaît pas au caporal, qui commence à prendre ses aises dans ce harem inespéré.

Aucune d’elles ne souhaite qu’il s’en aille vraiment  bien qu’il appartienne à l’armée ennemie. Il leur raconte qu’il est irlandais et a quitté l’Irlande pour l’Amérique. Par aventure, il s’est engagé dans l’armée nordiste. Après la guerre, il souhaite faire fortune dans le pays.

Elles fantasment sur lui, pour différentes raisons. Martha Farnsworth, la plus sévère des 2 soeurs, trouve qu’il ressemble à leur frère Robert, disparu bien avant la guerre. Sa soeur, Harriet, amoureuse transie dans le passé, apprécie cette présence masculine. Edwina et Alice cherchent à flirter avec lui. Emily Stevenson, la plus âgée des élèves et fille d’un colonel sudiste, discute avec lui de la guerre. Amélia, celle qui l’a trouvé dans les bois, estime qu’il lui appartient car c’est elle qui la ramené et Marie le considère comme un moyen de supprimer la monotonie des lieux.

Conscient de son pouvoir d’attraction sur ces femmes qui vivent depuis trop longtemps recluses à cause de la guerre , le caporal Mc Burney, va s’employer à les manipuler pour son bon plaisir. Elles lui offent la meilleure part du lion dans tous les domaines : nourriture alors qu’elles se rationnent, vêtements ayant appartenus à un frère aimé, couvertures, affection, confidences, excuses.

Mais un jour, Alice l’ invite dans sa chambre et se donne à lui. Elle ne sait pas qu’il a promis à Edwina de l’emmener loin de Farnsworth pour vivre avec lui. Lorsqu’elle le surprend avec Alice, dans un  mouvement de colère, elle le  pousse dans les escaliers. Sa jambe blessée s’esquinte à nouveau. John Mc Burney va -t-il mourir ?

J’ aurais pu spoiler le reste de l’histoire.  Mais je souhaite que ceux et celles qui désirent lire ce livre  dévore l’histoire comme je l’ai fait et se délecte de ce suspense renversant, absorbant à souhait,  jusqu’au point final.

Mon avis :

C’est un roman que je conseille car tout au long de ses 679 pages, le suspense est présent. On veut toujours savoir la suite du chapitre que l’on vient de terminer. C’est un roman qui se présente en chapitres. Chacun d’eux donne la parole au 8 personnages du livre, c’est-à-dire aux 8 femmes qui résident à la pension Farsworth. Le colonel Mc Burney n’a pas droit à la parole, il nous est décrit et analysé à travers les yeux et les dires des autres protagonistes. Elles se contentent de dire :  » Il a dit … » Pourtant, bien qu’il n’ait pas directement la parole, sa présence se fait ressentir tout au long du roman. Il y est omnipésent jusqu’à la fin.

Lisez donc ce livre, vous ne le regretterez pas si vous recherchez une histoire inédite, originale, passionnante. C’est un huis clos psychologique qui aurait pu être prenant, étouffant. Mais c’est tout le contraire. Il peut constituer un très beau cadeau à mettre au pied du sapin pour ce Noël .🎁🎄

Citation :

Page 402 :  » L’important, au final, c’est de savoir ce que l’on veut et de s’arranger pour contourner les obstacles histoire d’arriver à ses fins quand même »

Cette phrase est prononcé par Marie, la plus jeune pensionnaire. Elle est souvent punie et envoyée dans sa chambre. Mais peu importe, elle finit toujours par obtenir ou savoir ce qu’elle veut. Elle sait user de subterfuges pour cela. On peut dire qu’elle connait déjà les règles et rouages qui permettent de vivre dans ce bas monde pas toujours juste malgré son jeune âge.

HAPPY LECTURE !