Pique-nique à Hanging Rock, un livre de Joan Lindsay

Cet été, j’ai choisi de lire 4 livres. Le premier s’intitule : « Pique-nique à Hanging Rock » de Joan Lindsay. Mais, il faut admettre que lire pendant la canicule n’est pas très aisée. J’aurai pu lire ce livre en deux ou trois jours.En réalité, il m’a fallu 9 jours sachant que je suis « allergique » au ventilateur et à la climatisation.😅

Résumé :

14 février 1900. Australie- 20 pensionnaires du collège privé de Hanging Rock partent pique-niquer avec deux enseignantes Mme Greta McCraw, la brillante professeur de mathématiques et Mme Dianne de Poitiers qui enseigne la danse et la conversation française. C’est M. Hussey, le cocher, qui conduit les chevaux de la charette. Mme Appelyard, la sévère directrice   leur demande de revenir à 8h précises. 

Le lieu du pique-nique se trouve à quelques heures du pensionnat : c’est une clairière située non loin d’un ruisseau. Ils s’y installent, prennent leur repas, discutent, s’amusent. 
Un rocher datant du monolithique s’élève face à la clairière. Quatre élèves : Miranda, Marion Quade, Irma Léopold et Édith Horton ont la permission d’aller l’explorer. Elles empruntent un sentier et disparaissent derrière une végétation hostile. 
Le reste des pique-niqueurs continue de profiter de leur sortie sans trop s’éloigner.

Aux environs de quatre heures, le cocher commence à atteler ses chevaux tandis que les autres rangent leurs affaires. On fait l’appel et on s’aperçoit que Miranda et ses amies ne sont pas revenues. On scrute les alentours et on ne les trouve pas.  Autre stupeur, une des enseignantes Mme McCraw, a également disparu. Alors qu’ils sont sur le départ Édith réapparaît. Hystérique, elle est incapable de raconter ce qu’il s’est passé.  Le cocher fait une déposition à la police. 

Désespérés et abattus ils reviennent au collège.  Les rumeurs vont bon train dans la région. Une battue incessante du lieu du pique-nique et de ses alentours est opérée. Mickael Fitzhubert et le cocher de son oncle, Albert Crundall, qui avaient vu les élèves disparues traverser le ruisseau, se mirent à leur recherche. Ils retrouveront Irma inconsciente. Souffrant d’une commotion cérébrale, elle est incapable de relater les faits.Elle souffre comme Edith d’une amnésie totale.

L ‘enquête policière avance donc difficilement dans une ambiance de commérage. 
Une jeune élève,Sara Waybourne détestée par la directrice disparaît à son tour. Elle sera retrouvée enterrée dans le jardin du pensionnat par le jardinier. Mise au courant, Mme Appleyard fait une crise d’hystérie. Elle grimpe sur le rocher où elle se jette d’une falaise. 

14 février 1913, treize années se sont écoulées depuis ce malheureux pique-nique à Hanging Rock. On ne connaissait toujours pas les tenants et les aboutissants de ces disparitions. Edith mourut dans cet intervalle sans se rappeler de rien. Quant à Irma Léopold, devenue entre-temps comtesse de Latte-Marguery, elle ne se souvenait toujours pas de ce que lui était arrivée.

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L’auteur :

L’auteur Joan Lindsay est australienne (1896-1984). A 13 ans, elle est pensionnaire dans un collège : Cahue collège qui de viendra Clyde Girls’ Grammar School. Cet établissement déménagera à Hanging rock. 

Mon avis :

C’est un livre qui passionne. Dès les premières pages, on s’attend à un événement capital qui ébranlera la vie monotone des élèves. Cet événement est la disparition des 4 élèves et de leur enseignante Miss McCraw lors du pique-nique.

Mais il laisse le lecteur sur sa faim. On espérait une fin plus heureuse d’autant plus que nous sommes en présence de jeunes filles en fleurs. On espère beaucoup à chaque paragraphe et au final c’est la déception.


– Pourquoi ne retrouve-t-on pas les jeunes filles ? Le lecteur cherche des réponses et imagine différents scénarii :

– Miranda est une riche héritière. On pense alors à un enlèvement dont Miss McCraw serait la complice.

– Et pourquoi pas une fugue pour rejoindre un amant ?
– Lorsqu’Irma Léopold réapparaît : on s’attend à des révélations efficaces qui permettront de les retrouvées. Ce n’est pas le cas.

– Alors le lecteur rêve d’un épisode qui permettra à son cœur de ralentir ses palpitations en attendant de retrouver les disparues. On s’attend alors à une idylle entre Irma et le beau jeune homme qui l’a retrouvée, Mike Fitzhubert. Rien de tout cela.
– On attend patiemment jusqu’à la fin pour comprendre que cette histoire n’offre aucune issue favorable. L’auteur Joan Lindsay compare son récit à l’affaire de la Mary Céleste, ce navire américain retrouvée au large des Açores sans son équipage le 4 décembre 1872, un mois après avoir quitté New York le 20 octobre 1872. On ne sut jamais ce qui s’était passé et surtout on ne revit jamais ses occupants

  • Une bizarrerie du livre est que l’on ne dévoile jamais dans le livre le nom de famille de Miranda. C’est pourtant l’élève la plus fortunée. On se demande pourquoi. Même lorsque la directrice écrit à ses parents pour leur annoncer la disparition de leur fille. On constate qu’elle glisse la lettre dans une enveloppe sans le dire alors qu’elle le fait pour les autres.


    Citation :

« Et comme il est bien connu que le fait d’avoir la tête de l’emploi est déjà la moitié de la victoire dans toute entreprise, depuis Guignol jusqu’au lancement d’un emprunt à la Bourse, le collège fut un succès dés le premier jour, et enregistra un bénéfice satisfaisant dès la fin de la première année »

Cette phrase résume comment Mme Appleyard, la directrice, est apparue aux yeux des parents d’élèves, lors de la création du collège. Ses cheveux grisonnants, son visage sévère et ses vêtements stricts furent des indices prouvant qu’elle avait les qualités requises pour être directrice d’un pensionnat. Ils lui confièrent leurs enfants sans hésiter car l’apparence extérieure de cette femme les rassurait. Ils ne cherchèrent pas à la connaître plus profondément.Or en réalité, c’est une femme fragile, qui regrette la mort de son mari. Elle est seule et n’a personne à qui se confier. Elle est capable de détester des êtres inoffensifs, c’est ce qui se passe avec l’élève Sarah Weybourne.

L’histoire se déroule au début du 19ème siècle mais cette citation reste encore d’actualité ; puisque nous continuons à juger les personnes selon leur apparence extérieure. Pourtant, des garde-fous comme le proverbe : « L’habit ne fait pas le moine » et que l’on répète souvent, ne nous empêche pas de juger une personne selon son apparence physique.

Happy lecture !

CONCLUSION : c’est un livre à lire car il tient le lecteur en haleine. Il est à noter qu’il a fait l’objet d’une adaptation au cinéma en 1977 par Peter Weir et d’une mini-série en 2018 diffusée sur Canal+ en France.